Si jamais vous me suivez sur youtube vous avez certainement vu le vidéo que j'ai publié en août dernier concernant ma dépression (j'en ai parlé aussi un peu ici mais sans vraiment rentrer dans les détails). Je vous expliquais que j'étais sous antidépresseurs depuis fin janvier 2018 et aujourd'hui je vais vous parler de l'arrêt de ceux ci, il y a 14 semaines de ça.
Je vais revenir rapidement sur mon "parcours" avec les médicaments. J'ai commencé à prendre des antidépresseurs en janvier dernier, en même temps que mon premier arrêt maladie qui a duré trois mois, et j'ai "testé" deux molécules différentes durant cette période mais aucune des deux ne me convenait, je passais mes journées au lit sans avoir envie de quoi que ce soit.
Lorsque que j'ai du reprendre la travail en mars, j'ai commencé un nouvel antidépresseur qui ne me clouait plus au lit et qui avait, semble t-il du moins à ce moment là, un effet bénéfique. Nous arrivons maintenant à l'été 2018 qui a été très compliqué niveau psychologique et qui m'a amené à encore plus redouter la rentrée (pour information je suis animatrice périscolaire, septembre est donc synonyme de rentrée pour moi) je suis donc retournée voir mon médecin qui m'a prescrit une nouvelle molécule, plus forte cette fois mais que je n'ai pas supporté (elle m'a rendue vraiment malade, j'avais l'impression d'avoir une grippe à 40 de fièvre) on s'est donc tourné vers une dernière molécule (la dernière à tester avant une hospitalisation) qui m'a de nouveau amenée à trois semaines d'arrêt maladie, le temps que mon corps s'y habitue.
Il y à 14 semaines j'ai pris la décision d'arrêter ces médicaments. En réalité je ne voyais pas vraiment d'effet et surtout j'ai remarqué que j'avais pris pas mal de poids depuis quelques semaines j'ai donc décidé de tout stopper, un vendredi soir j'ai jeté toutes mes boîtes d'un coup sans réellement réfléchir.
Lorsque j'avais commencé cet antidépresseur mon médecin m'avait dit qu'il n'allait pas créer de dépendance et que du coup on pourrait l'arrêter sans sevrage, ça m'a conforté dans ma décision, je l'ai fait sans en parler à mon médecin ou à qui que ce soit (jusqu'à ce que ma décision soit prise), je savais qu'il y avait peut être des risques qu'ils me fassent changer d'avis. N'ayant pas constaté de réel effet je me suis dit que ça serait du gâteau mais au final ce n'était que le début de la fin.

Les 12 premières semaines ont été synonymes d'angoisses nocturnes qui ont été vraiment très compliquées à gérer (et si vous me suivez sur twitter vous avez déjà du voir des tweets nocturnes demandant à papoter) qui se sont légèrement (mais vraiment très légèrement) calmées ses derniers jours. Pour vous résumer en gros : passé 19h je commence à ressentir une angoisse, celle qui serre la poitrine et provoque des palpitations, j'en ai même parfois le souffle coupé. Cette partie là est plutôt gérable, surtout grâce au fait qu'à cette heure là je peux encore appeler des gens pour me vider la tête. Mais le pire reste le moment du coucher. Rien que l'idée parfois me provoque une grosse crise d'angoisse qui mets un temps fou à se calmer. Lorsque je ne travaille pas le lendemain je repousse ce moment le plus possible, mais en semaine mon corps réclame des heures de sommeil c'est donc encore plus compliqué à gérer. Une fois couchée j'ai de nouveau des crises d'angoisse, le cœur qui palpite, difficultés à respirer et j'en passe. Le plus souvent je m'endors parce que je suis épuisée, pas parce que j'ai réussi à m'apaiser, et donc je me réveille dans la nuit, une fois lorsque j'ai de la chance mais parfois jusqu'à 4 ou 5 fois.

Il semblerait donc que je me sois trompée, les médicaments avaient bel et bien un effet sur moi.
Alors, la conclusion ? (oui parce que cet article est vraiment trop long) Après 14 semaines sans médicaments est-ce que je me sens mieux ? Non, mais les médicaments ne sont pas une solution miracle tout le monde le sais. J'ai choisi cette solution car je ne suis pas encore prête à parler de certaines choses qui ont provoqué ma dépression, je n'avais donc que cette solution pour espère sortir un peu la tête de l'eau mais je savais très bien qu'en les arrêtant je serais la même qu'avant (à moins d'avoir extériorisé certaines choses ce donc je ne suis pas prête encore à l'heure actuelle) mais honnêtement je ne pensais pas vivre un tel enfer les nuits. J'ai des angoisses nocturnes de manière régulière depuis pratiquement deux ans, mais ce que je vis depuis 14 semaines est bien supérieur à ce que je connaissais.

Mais je ne regrette pas d'avoir arrêté mes médicaments. C'est dur je ne vais pas vous le cacher. Il est actuellement 21h24 (à l'heure où je fini la rédaction) je suis épuisée je sens donc que j'ai besoin de dormir mais j'ai peur. Et c'est comme ça tous les soirs. La dépression n'est pas guérie, loin de là, les idées noires sont toujours là, certaines journées sont dures, d'autres moins mais au moins je suis moi. Parce qu'en fait (et ça je m'en suis rendue compte en arrêtant les médicaments) mon traitement avait bel et bien des effets, oui il m'a gommé les angoisses nocturnes mais surtout il m'a anesthésiée, les émotions, le ressenti, tout est différent lorsqu'on prend ce genre de choses et même si je reconnais en avoir eu besoin (et peut être en avoir encore besoin) une chose est sûre : je n'y toucherais plus.

Et vous, vous avez déjà du arrêter ce genre de traitement ? Si oui, j'espère que vous le vivez mieux que moi .. ♥